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18 avril 2014 5 18 /04 /avril /2014 17:08

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Il est courant à gauche de s'abstenir de toute critique paraissant trop virulente vis-à-vis de François Hollande de peur d'être suspecté de "faire le jeu" de la droite voire de l'extrême-droite. Pourtant, depuis l'élection de ce dernier, jamais la gauche, le salariat et les classes populaires n'auront été aussi maltraitées par un président soucieux de multiplier les gages au MEDEF, à la droite et même souvent à l'extrême-droite.

 

Qualifier Hollande de ce qu'il est est donc tant une nécessité pour éclairer le débat publique qu'un acte salvateur pour la gauche si elle ne veut pas se faire complice d'une des plus grandes escroquerie commis en son nom depuis Guy Mollet.

 

2011 : hold-up sur la primaire socialiste pour mieux servir le patronat

 

Dès son retour sur le devant de la scène médiatique lors la campagne des "primaires socialistes" de 2011, Hollande multiplie les déclarations visant à séduire tant l'oligarchie capitaliste (grand patronat, actionnaires, finance, banque) que la pensée unique libérale surreprésentée dans les médias et refusant toute alternative aux politiques de régressions sociales et d'austérité engagées par Sarkozy.


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Tout changer pour ne rien changer tel était le message subliminal adressé au grand capital par le prétendant Hollande déclarant que les Français devraient "travailler plus et plus longtemps", qu'il devraient "faire des efforts" prônant l'objectif de retour du déficit public à 3% dès 2013, cher à Sarkozy et à Merkel, contre la position jusque là adoptée par le PS.

 

L'opportunisme et l'inconséquence de Martine Aubry faisant la course derrière les déclarations droitières de François Hollande en se ralliant à l'objectif 3% dès 2013 mineront littéralement la "gauche du PS", Montebourg apparaissant comme un recours possible pour une alternative pour se ranger au final piteusement derrière François Hollande après le 1er tour des primaires...

 

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Pour parachever l'imposture, François Hollande crée la surprise en annonçant à un mois des primaires la création de 60 000 postes dans l'éducation nationales destinée à compenser les suppressions drastiques de postes sous Sarkozy (au moins 80 000). Fabius, soutient de Martine Aubry, s'étrangle y voyant une proposition peu "crédible" financièrement. La dérive droitière et pro-austérité de la candidature de Aubry et de ses soutiens allant jusqu'aux strauss-kahniens brouille son positionnement ; le flou est total alors que les médias et les sondages proclament Hollande déjà vainqueur avant le vote des primaires.

 

Opportunisme, arrangements et cynisme (et inconséquence du camp Aubry) permettront à Hollande de réussir son hold-up sur les primaires socialistes en étant finalement investi  en tant que candidat du PS aux présidentielles du 2012 sans que ces prises de positions socialibérales n'aient réellement fait l'objet d'un débat  (mise à part quelques révélations de fin de campagne sur la duplicité de son conseiller Pascal Terasse distinguant promesses de campagne et ce que ferait Hollande en matière de retraites s'il était élu)

 

2012 : la légitimité du changement 

 

La droite haït le plus souvent Hollande, non pas pour son orientation social-libérale prononcée, mais plutôt dans la mesure où ce dernier a battu son mentor, Nicolas Sarkozy, en faisant la promesse du changement aux électeurs.

 

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Ce que repproche la droite à Hollande est d'avoir été élu président par le peuple qui voulait se débarasser de Sarkozy, comme si la fonction de Président de la République lui revenait naturellement (déclaration de Barroin : "la gauche a gagné par effraction"). La droite ne supporte pas le vote du peuple quand ses idées sont désavouées. Là réside très certainement le fondement son idéologie conservatrice et les limites de son adhésion aux valeurs démocratiques.

 

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Si le Front de Gauche par la voie de son candidat Jean Luc Mélenchon a appelé les électeurs à se débarasser de Nicolas Sarkozy, dont le bilan était calamiteux, il a toujours été sans concession vis-à-vis du positionnement droitier de François Hollande qui a choisi de tourner le dos à la gauche et de la diviser en entamant une campagne sous le slogan "donner du sens à la rigueur". C'est avant tout sous la pression du Front de Gauche et de l'aspiration populaire à une rupture politique vis-à-vis de Sarkozy que Hollande a été contraint de se contredire en promettant le changement lors du discours du Bourget.

 

Ses engagements  de campagne ont été foulés au pied dès le lendemain du second tour des législatives de juin 2012, une fois le PS certain d'avoir la majorité absolue à l'assemblée nationale.

 

Depuis son élection : trahisons et reniements

 

  Il n'y a pas eu de virage ou tournant socialibéral dans la politique objectivement menée. (Encore moins "virage social-démocrate", expression serinée par les médias comme si Hollande poursuivait une politique réformiste d'accompagnement du capitalisme dans l'intérêt des salariés et des classes populaires)

 

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C'est une politique libérale et austéritaire, fidèle à celle engagée par Sarkozy qui est poursuivie dès le début du quinquennat Hollande :

 

- ratification du TSCG (ou pacte budgétaire) au mépris de son engagement de campagne de renégocier le traité (le traité prévoyant d'inscrire l'austérité budgétaire dans la constitution, des libéralisations notamment du secteur ferroviaire, des attaques contre le droit du travail, le report de l'âge de départ à la retraite...)

- non hausse du SMIC,

- aucune amnistie sociale (les syndicalistes restent traités comme des voyous).

 

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Peu de temps après avoir abrogé la hausse de TVA décidée sous Sarkozy, Hollande et Ayrault assomment les consommateurs et les services publics à l'occasion de la remise du rapport Gallois en annonçant un pacte de compétitivité prévoyant 20 milliard d'euros de crédits d'impôt (en plus des niches fiscales massivement octroyées par la droite que Hollande ne remet pas en question) compensés par des hausses de TVA et des coupes budgétaires supplémentaires à celles déjà prévues en vertu du pacte budgétaire.

 

Le virage n'est donc qu'idéologique puisque la tête de l'exécutif assume désormais pleinement un discours de "baisse du coût du travail" et de politique de l'offre sans s'interroger sur la ponction que représente le coût du capital (Hollande se veut même l'avocat du taux de marge des grosses entreprises) Dans le même temps, les mauvais coups continuent contre les emplois saccagés par la rapacité de la finance et les licenciements boursiers (Florange)

 

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Le mauvais feuilleton du "coût du travail" prétendument trop élevé continue au premier semestre 2013 avec la signature de l'ANI (accord national interprofessionnel) représentant une attaque sans précédent contre le code du travail dont la logique est de faire travailler les salariés davantage, pour être moins bien payés sous peine de licenciement. A cette occasion, Hollande et Ayrault sommeront les parlementaires socialistes de voter la loi tel que voulue par le MEDEF.

 

La casse sociale se poursuit à l'automne 2013 avec l'allongement de la durée de cotisation portée à 43 ans, dans l'optique de faire travailler les salariés jusqu'à 66 ans en moyenne et ce au mépris de l'engagement du PS de rétablir la retraite à 60 ans.

 

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Début 2014, François Hollande promet de nouveaux cadeaux au patronat avec l'annonce d'un "pacte de responsabilité" représentant 30 milliards d'euros. Restant dans un premier temps évasif sur les options de mise eu oevre, charge à Valls, fraîchement nommé Premier Ministre après la débâcle des municipales, d'en proposer une version particulièrement dure pour les modestes et les salariés et généreuse pour le patronat.

 

  La nomination de Valls et la mise en œuvre du pacte de responsabilité

 

  Dès sa nomination, Manuels Valls complète les 20 milliards d'euros du crédit d'impôt compétitivité instauré par le pacte de compétivité de l'automne 2012 par 10 milliards d'euros de nouveaux cadeaux au patronat en supprimant toutes les cotisations patronales sur les emplois payés au SMIC, en baissant les cotisations sociales patronales de 1,8 point pour les emplois payés jusqu'à 3,5 SMIC. Le pacte de responsabilité est complété par l'annonce de 12 milliards d'euros de baisse d'impôts pour les entreprises : Valls se targue d'en donner encore davantage au MEDEF.

 

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Gattaz avait pourtant déjà annoncé que ces cadeaux iraient dans la poche des actionnaires sans s'engager sur la création d'emplois.

 

  Les classes populaires font les frais de ces cadeaux au grand patronat et à la finance qui se traduiront par 50 milliards d'euros de coupes budgétaires dont 19 milliards d'euros dans le budget de l'état (les impôts versés par les contribuable paieront ce que le patronat ne paie plus au détriment des services publics), 10 milliards d'euros de coupes dans l'assurance maladie, 10 milliards pour les collectivités territoriales et le reste imputé "du système de prestations". Valls a détaillé les mesures anti-sociales de son plan de rigueur : les prestations sociales ne seront pas revalorisées jusqu'à octobre 2015, gel des retraites de base et complémentaires, reconduction du gel du point d'indice dans la fonction publique, report de la revalorisation du RSA, du complément salarial... 

 

Prétendant prendre des mesures en faveur des salariés modestes, Valls pioche dans le programme du FN en haussant le salaire net par une baisse du salaire brut - différence que les salariés devront payer de toute manière via l'impôt puisque l'Etat devra compenser le manque à gagner pour la sécurité sociale malmenées par ces cadeaux qui vont asphyxier son financement

 

Jamais une majorité issue d'une victoire électorale de la gauche n'aura été aussi dure avec les faibles et généreuse avec les puissants et n'aura autant fait la misère aux salariés et aux modestes pour gaver l'oligarchie capitaliste.

 

 

Avec la nomination de Manuel Valls, personnage le plus droitier et extrême-droitier du PS (la droite ne s'y trompe pas - cf. vidéo ci-dessus), Hollande a voulu donner des gages au MEDEF, à la droite et au FN croyant voire dans les résultats des municipales le signe d'une droitisation de l'électorat. Surjouant la "percée du PS", les médias ont minoré voire nié la percée du front de gauche traduisant le succès de l'opposition de gauche à la politique néolibérale menée par Hollande. 

 

Les résultats des municipales sont pourtant clairs : les listes gouvernementales, y compris celles soutenues ou menées par EELV et le PCF sont lessivées ; celles d'oppositions de gauche sont victorieuses. L'exemple le plus spectaculaire est la victoire de la liste EELV-PG à Grenoble (40% au second tour alors que le PS derrière lequel s'était rangé le PCF s'était maintenue au 2nd tour - pas de percée au FN qui régresse à 8,53)

 

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Le pacte de responsabilité est l'ultime larcin réalisé par Hollande à l'encontre des classes populaires, rendu possible par le caractère monarchique de la Vème république :   le peuple vote, le monarque fait ce qu'il veut, les parlementaires sont caporalisés (le courrier des 100 députés "mutins" - sic" n'aura au final débouché que l'absention de 11 députés socialistes lors du vote de confiance au gouvernement Valls).

 

Menteur vis-à-vis des électeurs auxquels il a promis le changement en 2012 auxquels il a volé leur victoire sur Sarkozy et sa politique et en la poursuivant et l'aggravant,

 

Multipliant les hold-up à l'encontre des salariés et les classes populaires pour gaver le MEDEF,

 

N'hésitant pas à placer un revolver contre la tempe de ses propres électeurs lorsque le PS brandit à chaque élection la menace du vote FN, encouragé par sa propre politique, dans l'optique de sommer la gauche de se ranger derrière lui sans condition dès le premier tour...

 

Caporalisant les parlementaires en leur imposant une politique pour laquelle ils n'ont pas été élus et sans possibilité d'amendement, envoyant ses sbires distiller le chantage d'une dissolution.

 

Autoritaire vis-à-vis de son propre parti auquel il impose le très social libéral Jean Christophe Cambelis, maître en l'art de vérouiller les appareils politiques sans aucun vote des militants et leur volant le droit à un débat sur les causes de la bérézina électorale des municipales.

 

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Mensonges, pressions, caporalisme, casse sociale : les institutions de la Vème république autorisent toutes ces dérives. Remplacer Hollande par un autre monarque ne changerait rien. Il faut défaire la Vème république pour rendre la souveraineté au peuple et mettre les gangsters néo-libéraux hors-jeu.

 

Il est crucial de sanctionner dès maintenant l'austérité et leurs chantres politiques lors des élections européennes du 25 mai prochain qui pourront également être l'occasion de bouleverser en France les rapport de force électoraux afin de permettre au Front de Gauche de prendre la tête d'une alternative de gauche au fiasco de l'expérience Hollande.

 

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